Non, un lionceau n’est pas un animal de compagnie

Les deux lionceaux saisis cette semaine en France témoignent d’un trafic lucratif mais dangereux pour les animaux.

Avoir un lionceau chez soi n’est pas une bonne idée. Pourtant, cela n’a pas empêché deux particuliers, l’un dans le Val-de-Marne et l’autre à Marseille, de détenir chez eux ces grands félins, pourtant répertoriés parmi les espèces vulnérables. Tous deux ont été découverts dans la même semaine, alors que le phénomène est habituellement plutôt rare. Loïs Lelanchon, chargé du sauvetage des animaux au Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) nous explique les conditions de ce trafic dangereux pour les animaux, qui est le troisième plus important dans le monde, après de trafic de drogues et celui des armes.

L’EXPRESS. Avec ces deux saisies de lionceaux en une semaine, peut-on dire qu’il existe-t-il une augmentation du trafic de ces félins chez les particuliers ?

Loïs Lelanchon. On observe une convergence assez intéressante de la saisie de lionceaux ces derniers temps. Deux ont été saisis cette semaine à Marseille et dans le Val-de-Marne, et un a été retrouvé au début du mois dans un champ aux Pays-Bas. L’an dernier, un autre lionceau avait également été saisi en Seine-Saint-Denis. Généralement, ce sont surtout des espèces comme les singes, les perroquets, notamment celui du Gabon, ou les reptiles, qui sont visés par les consommateurs.

L’Union européenne et plus largement l’Europe pourraient donc être une plateforme de ce commerce. Il faudrait vraiment diligenter une enquête de police pour identifier la source, et trouver s’il y a un réseau. Le Fond international pour la protection des animaux a publié en mai un rapport sur la cybercriminalité : rien qu’en France, nous avons recensé 1915 annonces, dont 54 % concernaient des animaux sauvages vivants et 46 % des parties du corps et produits dérivés.

Pourquoi ces lions sont-ils vendus ?

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