Comment aider les oiseaux !

Dans notre domaine privé : jardins, vergers, champs et près

Les Motifs

Les oiseaux nous apportent beaucoup d’agréments par leurs chants, couleurs et activités. Ils sont aussi indispensables à notre bien-être que les arbres, arbustes, gazons et fleurs. Ils constituent une partie intégrante de ce tout que nous appelons la Nature.
L’aide que nous pouvons leur apporter soit en agissant, soit en nous abstenant de commettre des erreurs, est aujourd’hui plus indispensable que jamais alors que leurs milieux naturels et / ou propices se réduisent, voire disparaissent : jardins potagers, vieux vergers, prairies humides, haies, bosquets, friches etc.
Mais notre action individuelle aussi utile soit-elle, n’est pas suffisante pour arrêter l’immanquable diminution des espèces et de leurs populations. Isolés, nous n’avons aucune influence pour corriger les pratiques et modes qui entraînent les bouleversements néfastes à grande échelle.
Lorsqu’on est préoccupé, voire seulement alerté, par le déclin de la biodiversité, on ne peut pas se dispenser de faire partie d’une association naturaliste, comme la LPO pour ce qui est des oiseaux.
Le nombre des adhérents est l’élément déterminant du poids des interventions d’une association en vue d’infléchir, provoquer ou encourager certaines décisions à grande portée en matière de protection de la nature.

Les aides

Ce qu’il ne faut pas faire :
Utiliser systématiquement et abusivement insecticides, pesticides, herbicides et engrais. Ils détruisent non seulement la base alimentaire des oiseaux, mais souvent les intoxiquent.
D’ailleurs, l’excès de fertilisants et de produits de traitement entraîne une diminution de la capacité de résistance des plantes face à certains insectes ou maladie.
En cas de besoin extrême, il faut utiliser des produits bio, maintenant disponibles dans le commerce.
Tailler, élaguer, débroussailler, voire ranger et débarrasser pendant les mois d’avril, mai et juin.
Ce sont les mois où les oiseaux communs dans nos jardins couvent et élèvent leurs jeunes. Par ces opérations, on risque donc de détruire involontairement des nids occupés, alors qu’à cette époque aucune taille ne s’impose.
Laisser divaguer les chats domestiques, surtout pendant la période de reproduction des oiseaux et la nuit où leur vigilance de ceux-ci est facilement prise en défaut. Au demeurant un collier muni d’une double clochette, ne nuit pas aux chats et alerte les oiseaux.


Ce qu’il est bon et efficace de faire :

Toute l’année:

Répondre aux besoins en eau des oiseaux

En toutes saisons, trouver un point d’eau est capital pour les oiseaux. L’installation d’abreuvoirs et de baignoires dans le jardin le rendra d’autant plus attrayant. Ces réservoirs feront l’objet de visites assidues de divers oiseaux, mais aussi de papillons et à l’occasion du hérisson
Le corps d’un oiseau est composé d’environ 60% d’eau. Ils trouvent plus ou moins d’eau dans leur nourriture. Les granivores consommant des graines sèches boivent plus que les insectivores.
L’été avec les fortes chaleurs, est une période difficile. Pour maintenir leur température constante, les oiseaux évaporent de l’eau en haletant, bec ouvert. Cependant, la canicule assèche flaques et petites mares.
En hiver, l’eau naturelle est souvent inaccessible à cause du gel et les insectes rares sont remplacé par des graines et déchets alimentaires secs.
Mais les oiseaux ont également besoin toute l’année de bains pour se nettoyer des saletés et permettre le toilettage quotidien et vital du plumage dont l’état conditionne strictement leurs capacités de voler.

Pour toutes ces raisons, il est si important de mettre à leur disposition toute l’année un récipient d’eau propre. Une grande soucoupe de pot de fleur en terre cuite et même en plastique fera l’affaire, à condition de ne pas être trop profonde pour que nos petits hôtes y aient pied ( 3 à 5 cm ) Une pierre au centre pour se percher sera la bienvenue.
Il est indispensable de changer l’eau tous les jours et de nettoyer régulièrement les récipients pour en enlever divers débris, fientes et mousses.
Il convient d’installer le point d’eau à bonne distance des buissons et autres couverts où un prédateur pourrait se poster.
En hiver, le principal handicap est le gel. En aucun cas, il ne faut ajouter quoique ce soit à l’eau :alcool, sel, huile, antigel etc. La solution consiste à verser de l’eau tiède à heures régulières. Les oiseaux le sauront et viendront s’abreuver ou se baigner avant que l’eau ne gèle.
Fournir régulièrement de l’eau aux oiseaux représente, il faut le reconnaître une contrainte. Mais que de compensations. Observer les comportements est un régal : les bains collectifs des moineaux domestiques, celui isolé du merle noir, les chamailleries des étourneaux, l’attente timorée par la tourterelle turque de la fin des ablutions de plus petits qu’elle, les ébrouements des uns et des autres et les soins apportés au lissage des plumes.


A la fin de l’été:

Entretien des mangeoires et nichoirs.

Leur nettoyage est indispensable pour éliminer moisissures, parasites, larves d’insectes, perce-oreilles, araignées etc. et saletés diverses.

Touchant les mangeoires il est évident qu’il faut y procéder en automne dernier délai avant de les installer pour le nourrissage en hiver. Par la même occasion, les nichoirs alors sûrement inoccupés, pourront faire l’objet de la même opération et éventuellement de réparations avant d’être rangé à l’abri des intempéries.
Les passereaux construisant tous les ans un nouveau nid, il faut vider le nichoir du nid ancien qui ne pourrait servir que d’abris à des bestioles indésirables voire nuisibles à cet endroit.
Il convient à cette occasion de vérifier l’étanchéité et la solidité, notamment des fixations. Si le nichoir n’est pas construit avec du bois imputrescible et qu’il y lieu de le retraiter ou le réimperméabiliser, il faut se limiter aux parois extérieures et proscrire les peintures habituelles du commerce éventuellement nocives et plus sûrement dissuasives pour les oiseaux. Il faut préférer les produits naturels à base d’huile de lin ou simplement de la cire d’abeille brute. L’huile de vidange est également préconisée par certains.


En hiver

Nourrir les oiseaux

Avec la fin de l’automne les premières gelées figent le sol et font disparaître les insectes. Les neiges rendent encore plus difficile la recherche de nourriture alors que les nuits plus longues et froides provoquent des besoins énergétiques plus importants. Les oiseaux payent un lourd tribut aux froids sévères et durables.
Il est donc primordial de leur apporter une aide alimentaire à cette période. Toutefois

Ce qu’il ne faut pas faire

Donner des aliments salés ou assaisonnés, du lard par exemple.
Fournir de la mie de pain, du riz non cuit ou de la noix de coco sèche ; ils risquent de tuer les oiseaux en faisant gonfler leur estomac.
D’exposer la nourriture à la pluie ou de la poser à même le sol, sauf les pommes et poires  » avancées  » très rapidement consommées par les merles. La nourriture mouillée ou souillée peut être néfaste.


De l’automne au printemps

Les plantations et les aménagements du jardin.

Constat

Alimenter en hiver les oiseaux, leur installer des nichoirs, restera vain si les milieux que nous leurs laissons ne répondent pas à leurs besoins spécifiques de nourriture, de nidification et de sécurité.
Les vastes campagnes agricoles, débarrassées de leurs haies, arbres, bosquets, mares et zones humides, ont été transformées en déserts de blé ou de colza où toute autre vie est éliminée par les traitements chimiques. N’échappent plus à cet anéantissement que les massifs forestiers, quelques étangs, rivières, terrains industriels ainsi que les jardins et parcs de nos agglomérations où l’emploi des insecticides, pesticides, herbicides et engrais n’est pas encore systématique et massif.
Il n’est donc pas étonnant qu’en dehors de certains milieux particuliers encore préservés de cette folie éliminatrice et de ce raz de marée chimique, ce soit dans les zones urbanisées, en particuliers les banlieues, qu’il y a maintenant le plus d’oiseux de diverses espèces.
C’est dire la responsabilité que nous avons désormais directement, nous autres citadins, propriétaires ou locataires d’un lopin de jardin, de verger ou de prairie. Les jardins en France, cultivés par 12 millions d’amateurs, totalisent une surface qui est trois fois supérieure à l’ensemble de tous les parcs nationaux, régionaux et réserves. Dans ce vaste domaine, l’enjeu d’un jardinage attractif pour la vie sauvage, pour les oiseaux en particulier, est donc énorme.

Que faut-il faire et ne pas faire ?

Aménager et entretenir le jardin de telle sorte qu’insectes, araignées, papillons, graines, baies et fruits puissent s’y épanouir. La diversité des végétaux est fondamentale : fleurs, plantes grimpantes, arbustes et arbres, fruitiers ou autres.

Outre qu’elle crée les conditions favorables pour rendre un jardin vivant, elle offre également tout au long de l’année un spectacle plus riche en couleurs et formes tout en limitant les risques de destruction en série par une maladie cryptogamique.

L’exemple contraire et tristement caricatural est constitué par une pelouse rase entourée par une haie uniforme de thuyas strictement taillés, le tout offrant l’aspect d’un cimetière militaire.

Pour former la palette des végétaux, il est préférable de recourir aux espèces locales qui ont fait la preuve, par leur spontanéité et leur vigueur, de leur adaptation aux conditions du climat et des sols. Il faut se défier des nouveautés horticoles sophistiquées, mais non éprouvées.

Le choix des espèces végétales propices à un jardin nature est important et permet toutes sortes de combinaisons selon les goûts. Il est toutefois souhaitable de prendre en considération l’échelonnement des floraisons et des fructifications et bien évidemment un étagement varié des végétaux pour répondre aux besoins des diverses espèces d’oiseaux susceptibles de fréquenter le jardin : accenteur mouchet au sol et dans arbustes bas, grimpereaux sur les troncs et branches d’arbres etc.

Tous les jardins des agglomérations ne se prêtent pas à la présence de grands arbres, mais tous peuvent donner lieu à la création de haies, petites ou grandes, soit contre les rangées de conifères faisant clôture, soit contre diverses clôtures proprement dites. Dans tous les jardins aussi, il y a place pour une ou plusieurs plantes grimpantes parmi lesquels le lierre prime par ses atouts multiples en faveur de la gent ailée pour le couvert et le gîte.

Dans la sélection des fleurs, il convient de donner la préférence aux plantes mellifères ( fenouil, angélique, aster, bleuet, grande marguerite, lavande, romarin, sauge, thym, menthe, bourrache etc. ) attirant insectes butineurs et papillons ainsi qu’à celles très recherché pour les graines ( myosotis des champs, choux potager, fraisier sauvage, renouée bistorte, trèfle des près etc.)

Autres conseils :

Si possible,
Installer un compost ; outre sa fonction de produire des fertilisants gratuits, il génère une faune et une flore très appréciées des oiseaux insectivores.
Laisser un tas de bois, de branchages, voire de pierres. Ils donnent asile à une quantité d’insectes et à certaines espèces d’oiseaux comme le troglodyte mignon.
Conserver un arbre mort ou seulement vieux ; véritable garde-manger pour les pics, grimpereaux et sittelles, il offre ou offrira des cavités favorables à la nidification des mésanges et autres oiseaux cavernicoles.
Laisser jusqu’au printemps, les feuilles mortes dans le jardins derrière la maison ; elles abriteront des araignées, cloportes et autres insectes qui serviront de régal au rouge-queue, accenteur mouchet et merle noir. Au printemps, ces feuilles pourront être ratissées au pied des arbustes dont elles protégeront les racines de la sécheresse en été.
Et enfin le comble, une mare ou un bassin, véritables univers de vie sauvage à eux tous seuls. La cerise sur le gâteau !

Toutefois, tous ces aménagements ne serviront que de décors à un théâtre sans acteurs si parallèlement on continue à utiliser, comme on le fait trop systématiquement et exagérément, des traitements chimiques.

Les études démontrent que 90% des jardiniers répandent des insecticides à des doses supérieures aux normes conseillées par les fabricants eux-mêmes ! Outre les risques de pollution que ces pratiques entraînent, on détruit ainsi la base alimentaire de bien des espèces d’oiseaux.

Pourtant, dans les jardins privés, soumis à aucune exigence de productivité, les traitements ne s’imposent pas sauf exception et très limitativement. Encore faut-il utiliser dans ces cas extrêmes des produits rapidement bio-dégradables, mieux, des produits de lutte biologiques et idéalement, les auxiliaires naturels tels les coccinelles ou le jus de macération d’orties.


A la fin de l’hiver

Installation des nichoirs

Parmi les oiseaux qui fréquentent nos jardins, il n’y a que très peu d’espèces intéressées par les nichoirs. Ce sont celles qui nichent exclusivement dans des cavités : mésanges bleues et charbonnières, rouges-queues noirs et à front blanc, plus rarement les gobe-mouches gris, les sittelles torchepot et les grimpereaux des jardins. Les cavités naturelles étant rares dans nos jardins, il importe de proposer à ces oiseaux une habitation de substitution.

L’installation d’un nichoir doit répondre aux exigences des oiseaux que l’on veut et peut ainsi attirer. D’abord pendant la nidification, un couple  » s’approprie  » un territoire sans partage avec des individus de la même espèce. L’espacement entre deux couples voisins est pour le moins d’environ 60 m pour la mésange charbonnière et d’environ 80 m pour le rouge-queue à front blanc, par exemple. Exceptions : les moineaux domestiques et les hirondelles qui nichent volontiers groupés.

Conséquence : dans les petits et moyens jardins qui sont maintenant de règle, il est inutile de poser plus d’un nichoir à trou pour les mésanges et un nichoir à fenêtre pour les rouges-queues, éventuellement squatté par des moineaux. Les nichoirs à hirondelles ne sont opportuns que dans les banlieues semi-rurales et dans les villages où il y encore des étables, écuries ou basse-cours.

D’autre part, les nichoirs doivent correspondre à des spécifications précises de taille et de trou d’envol. Il ne suffit pas d’accrocher n’importe quelle boîte et il faut proscrire des objets fantaisistes du type chalet miniature, de même que ceux qui associent nichoir et mangeoires susceptibles d’attirer des visiteurs indésirables.

Le plus simple et peu coûteux est de se procurer les nichoirs dans le commerce, de préférence spécialisé : magasins de nature, coopératives agricoles etc. ou auprès d’associations comme la LPO, soit via les groupes locaux soit directement auprès du siège central :
LPO, Corderie Royale-BP 263- 17305 Rochefort cedex ; Tel 05 46 82 12 34 – Fax 05 46 83 95 86 –
Sur demande un catalogue est envoyé.

Mais on peut également, bien sûr, les construire soi-même en respectant les standards adaptés. Un certain nombre de livres disponibles en librairie donnent les plans pour les différents types de nichoirs convenant à diverses espèces d’oiseaux. Exemple : « Le jardin des oiseaux » chez Delachaux et Niestlé.

Les nichoirs peuvent être fixés directement sur un tronc d’arbre ou suspendus à une branche ou un rameau solide dans une orientation Est-soleil levant, mais jamais en plein soleil ou dans l’ombre complète. Les nichoirs à fenêtre sont de préférence accrochés sur un mur bien orienté de la maison.

Il est souhaitable d’accrocher le nichoir légèrement penché en avant pour mieux en protéger l’ouverture de la pluie et de ne pas le positionner à proximité de branches voisines pouvant servir d’approche aux chats. Pour la sécurité aussi, l’espace devant le nichoir doit être dégagé et le nichoir placé à bonne hauteur ( trois mètres et plus ) où d’ailleurs les oiseaux sont moins effarouchés.

Il ne faut pas être impatient. Les nouveaux nichoirs ne sont pas toujours occupés la première année. En cas d’échecs répétés, il convient de changer le nichoir de place.

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Source : www.oiseaux.net